Photo: Mawax et moi
[...]Vous êtes vous déjà demandé, s'il était possible de vivre sans être forcément obligé de rentrer dans ce moule beurré à l'avance? Les gens ne m'aiment pas, et je leur rend bien. Je ne sais pas, si c'est ma tête ou ma façon d'être qui les excèdent, quoi qu'il en soit, les gens ne m'aiment pas, et ça c'est un fait. Ma propre mère me dit que c'est parce que j'veux pas rentrer dans le moule justement, je suis un ingrédient bien trop irritant pour qu'au final ce soit un mélange homogène qui en ressorte. Mais il est vrai, je dois bien l'avouer, que je joue avec. Que je fais tout pour amplifier ma différence. Voyez-vous quand la normalité dans votre milieu c'est de porter des bottes en cuir à bouts pointus, des strings fluos dépassant des slims grossièrement délavés, des minis-jupes ou encore des anneaux de 15centimètres de diamètre, eh bien forcément on est pas tous avides d'être "normaux". Alors j'me donne des buts dans la vie, des ambitions et des objectifs que je finis toujours par négliger, mettre de côté. Et dès que j'en raye un de ma liste, parce que je le juge trop invraisemblable, un autre s'ajoute automatiquement, un déjà barré quelque temps auparavant, et que je finirais par raturer encore une fois, parce que je n'ai pas la force, et pas le temps, sûrement... enfin ça, c'est ce que je me dis pour avoir bonne conscience, je pourrais, si je voulais. Et je veux, un moment, un instant, toujours trop bref cependant. Je tourne en rond, à reculons, j'écris puis j'efface, j'ai une envie et puis je m'en lasse. C'est un cercle vicieux. On se cherche tous un peu cependant, on s'identifie à quelconque personnage fictif, à une certaine célébrité, ou à un proche. Dans la vie peu importe ce qu'on peut dire, on est tous différents... Mais tous ensemble. On a beau mépriser les moutons pour leur naïveté, l'humain n'est guère plus sensé. Dès qu'un ose se démarquer, il y en a toujours deux ou trois pour simuler, la soudaine même attirance, pour quelconque marque, groupe, ou sport. Mais comme l'humain reste digne malgré sa connerie profonde, il a inventé la mode. Vous savez, ce truc, ce "mouvement" qui fait que tout le monde fait pareil, s'habille pareil, écoute la même musique, et pense pareil. Comme ça tout le monde se croit à l'origine d'une nouvelle tendance, et tout le monde se croit différent, parce que tout le monde renouvelle sa garde-robe et sa Playlist, sans pour autant qu'elle se différencie de celle du voisin. Mais c'est la vie, que veut-on.
Ruez vous sur vos "Muteen", vos "Wayfarer", et votre série façon "Skins".
On changera jamais le monde de toute façon. C'est juste la nostalgie qui nous prend, qui me prend. Vous savez ces années folles, où la musique régnait, où le gouvernement se faisait insulter, où les gens riaient, dansaient... étaient heureux et Libres.
Puisque dorénavant notre planète ne s'oriente que pour rimer avec "Pognon" et "Consommation", puisque maintenant la société, le système qui nous abrite ne fais que nous enfoncer encore plus profond, puisque désormais la seule chose qui nous reste à faire c'est de nous la fermer, et d'essayer de vivre. Dans ce monde qui ne tourne pas rond, dans ce monde peuplé de cons...
VA TU LA FERMER TA GRANDE GUEULE SALOPE !